Citation: "La terre est au soleil ce que l'homme est à l'ange."
Pix: Mon papa et moi
Si l'on me demandait de parler de toi aujourd'hui je penserais d'abord à décrire ton courage. Celui qui t'a porté dans les sous -marins pendant de longs mois. Loin de ta femme. De tes enfants. Celui qui t'a fait plonger au fond des océans pour y faire exploser des mines en y risquant ta vie pour en épargner d'autres. Celui qui t'a fait soldat pendant la guerre en Irak. Où après les massacres tu as reconstruit écoles, habitations, fontaines...
Mais aussi celui qui t'a permis de faire face à la disparition de ton fils. Celui qui t'a permis de resté fort face aux dépressions répétitives ta femme. Celui qui t'a permis de faire un autre enfant après le drame. Celui qui t'a permis de monter sur ce navire alors qu'elle était enceinte. Celui qui t'a aidé à affronter la réalité : tu ne seras pas là quand il naitra. Celui qui t'a permis de tenir pendant 10 mois. Echoué au milieu de l'océan. Pour défendre ton pays paraît-il... Celui qui t'a permis de surmonter le suicide de ta mère alors que tu n'avais que 15 ans. Celui qui t'a permis d'accepter l'exode de ton frère ainé. De ne plus avoir aucunes nouvelles depuis près de 20 ans.
Et puis ensuite je décrirai ta générosité. Celle qui fait que tu passes ta vie de maison en maison pour offrir tes services. Avec pour échanges ces regards de vieillards qui te révelent toute la richesse de la reconnaissance. Celle qui fait qu'à chaque Noël tu insistes pour inviter à notre table un SDF que tu as croisé le jour même. Celui qui fait que tu donnerais tout ton argent pour l'avenir d'un enfant, que tu ne connaitrais même pas. Celui qui fait que à chaque téléthon tu utilises ton statut de champion d'europe non pas pour fierté mais pour utilité en organisant des balades en mer. Celui qui fait que tu parraines un enfant au Viet-nam. Et que tu y envoie régulièrement des médicaments pour soigner sa famille.Mais je décrirai aussi ton charisme. Tes yeux bleus si profonds. Ton sourire enfantin. Ton nez droit qui rougit à chaque fois qu'il fait froid. Tes cheveux blonds que tu refuses de couper depuis que tu as quitté l'armée. Ton corps musclé. Bronzé par le soleil que tu dévores sur la mer. Ta voix que tu fais grossir pour te faire respecter. Mais aussi celle que tu prends pour faire l'idiot. Cet air de gamin qui t'englobe quand tu dis une connerie. Et celui d'adolescent quand tu te moques gentiment de quelqu'un.
Et puis je raconterai toutes ces fois où sur nos fronts tu as déposé le plus doux des baisers. Ou dans tes bras tes nous as serrés pour nous faire voltiger. Où tu nous as emmenés avec toi plonger juste pour observer nos yeux emmerveillés. Où tu nous as fait la blague de ton muscle qui gonfle quand tu souffles dans ton pousse juste pour nous entendre rire. Où tu t'es déguisé en Père Noël pour nous faire rêver. Où tu nous as parlé de Vincent pour nous rassurer. Pour nous faire connaitre ce frère que nous n'avions jamais rencontré. Où tu nous as expliquer que la différence faisait la force. Où tu nous as construit des bacs à sables, des toboggans et des balançoires pour qu'on rigole entre soeurs. Toutes ces fois où tu nous as pris sur tes genoux pour nous raconter tes voyages. Et ces valeurs, et cette rage de toujours atteindre ce que l'on entreprenait.
Finalement papa, si je devais te reprocher quelque chose aujourd'hui c'est de jamais nous avoir dit "je t'aime". Mais quand je me relis. Quand j'observe toutes ces photos où tes yeux pétillent de bonheur quand on t'agrippe au cou. J'me dis qu'c'est pas bien grave. Qu'tu nous l'as fait savoir autrement. Et qu'il n' y a rien de plus précieux que de sentir ta main immense blottie dans la mienne. Que de voir tes yeux posés sur mon corps d'adolescente et de t'entendre soupirer en me disant "Tu grandis bien vite..." Avec un air de papa désarmé. D'avoir la chance de t'avoir à mes côtés chaques soirs au souper. Et de t'entendre rire à mon oreille quand tu racontes ta blague de la journée.
Alors aujourd'hui mon ptit papoue voudrai te dire combien je suis fière de toi. Oui. Et les yeux baissés. Génée par ta prestence. Ton regard trop bleu où j'n'arrive pas à immerger.
Je viens timidement te dire que je t'aime...
Marion, décembre 2006.
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